femmes battues

  • Violence faite aux femmes

    Mon pavé dans la mare...

    Des  pub pour lutter contre la violence conjugale. Humiliations, coups, meurtres, voilà ce qu'on laisse faire en fermant les yeux ...

    http://www.culturepub.fr/videos/amnesty-international-anti-violence-femmes-c-est-arrive-pres-de-chez-vous

    http://www.tuxboard.com/powa-spot-contre-la-violence-faite-aux-femmes/

    On en parle tellement qu'il semble impensable que la porte à côté de chez nous, de tels échanges ce produisent. On voit des films, des pubs, des reportages. On voit des stars en parler à la télévision. On sait.

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    Dans une autre vie, il y a trés longtemps, j'ai été de ces femmes là. 

    Insidieusement, l'homme avec un petit h est passé de l'état de concubin à celui de tyran, contrôlant qui je fréquentais, où j'allais, quand je rentrais. Il fit le vide autour de moi, c'est une première violence dont on ne parle jamais. Créer l'absence de repères, éloigner les copains, les amis, puis la famille. Se rendre irremplaçable puisque personne d'autre alors ne fourni d'affection et d'écoute. Comment a t il fait ? Dénigrer copieusement, montrer du doigts les défauts, créer l'ambiguité, les brouilles. Vite, trés vite, je me suis retrouvée seule. Et qui dit seule, dit manipulable. Tactique de sectes.

    Je préfére dire Elle, à partir d'ici.

    Elle, donc, s'est retrouvée seule. Mais elle ne s'en rendait pas compte : il y avait toujours du monde autour d'eux ! Des amis ... du bruit ... une famille. Les siens, à lui.

    Elle n'a rien vu venir.

    Déjà, les premiers reproches sont tombés. Personne d'impartial, personne de son côté pour lui dire qu'il a tord. Leurs "amis" ne lui donnaient pas raison ; enfin, c'est sûr : elle aurait dû agir différemment avec lui. C'est de sa faute.

    Elle l'a cherché.

    Elle se retourne mais derrière elle il n'y a plus personne.

    Doucement, les reproches si soigneusement justifiés deviennent quotidiens, routiniers. Elle baisse la tête et s'excuse de ne pas être celle qu'il attend.

    Lentement, sans s'en rendre compte, elle perd toute confiance. Oui, c'est une ratée. Oui, elle ne comprend rien. Oui, tu as raison mon amour, j'aurais dû ...

    Et le balai des insultes commencent. L'homme au petit h s'impatiente ! "Je te l'ai dit mille fois déjà ! Tu n'est qu'une bonne à rien !". 

    (Toujours personne derrière elle.)

    Étrangement, plus elle se perd, plus elle veut se montrer digne de respect. Il faut que tout le monde voit comme son couple marche ! L'apparence, le déni. La susceptibilité même, lorsque quiconque, surtout sa famille, émet le moindre doute sur ce bonheur idéal.

    Les reproches sont déjà loin ... L'histoire avance. Maintenant les mots durs remplacent les doux. C'est une sale pute. Une "moins que rien" qui ne le mérite pas. Les amis commun ne disent rien, même si certains regards se chargent à de rares instant de soutien...

    Mais le diable est un séducteur, autour de lui les gens se pressent et se pavanent !

    Premier sursaut de survie : refuser ! Crier !

    Le lendemain le sursaut a déjà disparu, gobé par de grandes et belles déclarations! Ciel bleu et dégagé. Il a promit de faire des efforts à la condition qu'elle le comprenne : tous les malheurs qui l'ont abimé, elle seule saura le guérir. Elle ne l'aime plus mais porte le poids d'une mission. Elle réussira, c'est certain et fera de lui l'homme des premiers instants ...

    La soupe est trop chaude, elle aurait du prévoir ! Elle tremble pour sa vie devant sa folie démesurée. Vraiment qu'elle est stupide, se dit elle, c'est lui qui a raison ! Lui qui a travaillé toute la journée, lui dont le patron le tyrannise ! " Oui, j'aurais dû prévoir, pleure t elle en répétant comme un robot.

    C'est fini, le piège s'est refermé sur elle. Sans lui elle a peur de ce monde hostile qu'il lui a dépeint. Sans lui elle ne sera qu'une larve. Elle n'aime plus rien, son coeur est vide, sa tête rempli de la seule mission qu'elle a encore : le satisfaire. 

    Lorsqu'il a bien sucé sa moelle et le moindre sentimetre de vie en elle, il l'a trompe. Sans respect, aprés tout, elle est devenue si terne, elle n'en mérite aucun.

    Elle qui pensait être arrivée au bout de toutes les douleurs, la voilà repoussant encore les limites de la souffrance.

    Elle tombe enceinte, elle aurait pu tomber au fond d'un gouffre, ça n'aurait pas été pire ... Ce n'est pas le sien, forcément - et quand vient même, il la fera avorter dans le sang, si elle hésite. Premier coup. Première menace de vie ou de mort.

    Et des nuits sans sommeil à écouter ses délires, à finir par acquiescer pour avoir juste un peu de paix,... La privation de sommeil est une torture millitaire.

    De battre son coeur s'arrête, dans la salle aseptisée d'un hopital, quelques semaines plus tard.      

    Elle n'a plus peur de rien. Ne ressent plus rien. Mourir serait finalement se reposer enfin ... Alors, lasse, elle le quitte. Et lui rampe devant elle. Elle lui concède froidement un peu d'attention. Il redevient le prince, répond à la moindre de ses envies. Elle est capricieuse, autoritaire, il est à ses ordres, tout de mots d'amour.

    Les mois passent, elle est restée. Un jour, elle se dit "enfin, je peux relacher un peu ma confiance, il ne recommencera plus".

    Les jours passent, il a gagné.

    Une à une, encore plus rapidement, les étapes de la violence se succèdent. Les bleus aussi.

    Aprés tout "des études prouvent que les femmes aiment ça ! Elles le cherchent ! Sinon elles feraient ce qu'il faut faire pour ne pas provoquer !".

    Mais l'instinct de survie est plus fort, cette fois. Lorsqu'elle lui apprend qu'elle le quitte, il se penche à son oreille et lui susurre "où que tu ailles, je te retrouve et je te tue".

    Sans frémir, sans pleurer, elle se tourne vers ce visage qui durant 4 ans s'est evertué à la détruire et lui dit :" Fais le, laisse des marques surtout, car si je meure 3 lettres seront apportées à la police, qui expliqueront chacun de tes coups, qui diront que tu voulais me tuer. Je serais morte, toi en prison".

    Dans ses yeux elle a lu la surprise et la peur. C'EST SA VICTOIRE A ELLE.

    Avec encore quelques semaines d'insistance, il est parti, enfin. C'est lourd à virer ces bêtes là.

    Elle a mis du temps pour dormir vraiment, du temps pour ne plus regarder derrière elle en rentrant le soir, des années, peut être des siècles.

    Elle a rencontré des hommes, les sens en alerte permanents sur la moindre trace de noirceur en eux. Certains lui ont montré comment une femme devait être traitée, avec respect.

    Mais elle fini par comprendre que seul le propre respect qu'elle avait d'elle la sauverait. Qu'au lieu de demander comment comprendre et guérir le cour d'un homme, il fallait se guérir soit même.

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    150 ans plus tard , elle vit avec l'Homme de sa vie, avec un grand H dans le respect, l'amour, le dialogue. Le bonheur quoi !

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    Regardez autour de vous, refusez d'abandonner celle qui du jour au lendemain vous repousse par la faute de l'autre.

    Dites lui qu'on doit s'aimer plus fort que l'autre, toujours.

    Dites lui que le bonheur peut être là, sur une autre route ...

    Dites lui que le respect est la base ...